La vie est dure. C’est ce qu’on nous répète toujours, c’est ce qui nous reste dans la tête après un diner de famille. La vie est dure, et on s’y fait. Je viens d’entrer dans mes études secondaires. J’ai passé mon baccalauréat l’année dernière, je l’ai plutôt bien réussi, je suis dans une bonne fac, et j’ai de très bons résultats. Et pourtant, je n’arrive pas à me sortir de la tête que la vie est dure, et que ce que je ressens aujourd’hui n’est que le début de mes aventures de chômeuse. Ce n’est peut être que du pessimisme mal venu, et pourtant, je n’arrive plus à avancer. Je ne pense qu’à ce taux de chômage des jeunes, qu’à ces politiques qui, loin dans leurs châteaux, nous regardent de haut tout en prétendant le contraire. Je ne pense qu’à cette compétition qui fait rage pour réussir dans la vie, pour trouver le job de nos rêves. Je ne pense qu’à ça, mais à part ça tout va bien. Notre génération n’est pas chanceuse. De longues études ne nous apporteront pas forcément un travail, ou s’il en arrive un, il sera mal payé et l’âge de la retraite ne fera que s’éloigner. Pourtant, tous les jours, je rencontre des optimistes, des gens qui me racontent leurs malheurs tout en ponctuant par “à part ça tout va bien”. Alors je me pose cette question: si les chiffres nous montrent que tout va mal, si objectivement on voit bien que l’avenir va aller de mal en pis, pourquoi l’optimisme règne-t-il toujours autour de nous? Pourquoi? Pourquoi continuer alors que tout va mal? L’optimisme est bien tout ce qu’il nous reste dans ces temps de crise interminable (elle est toujours pas finie cette crise d’ailleurs? C’est la crise, c’est la criiise). Sans espoir, alors pas d’horizon, pas de futur prometteur et pas d’objectif dans la vie, pas de raison de rester et pas de raison de vivre (c’est très glauque tout ca…). En ces temps où tout va mal, notre instinct de survie nous sort la tête de l’eau, nous procure l’oxygène qui nous manquait pour voir qu’au fond, à part ça, le soleil brille toujours et tout va bien.